Comment trouver un bon psychologue ?

Mis à jour : juin 24


Petit manuel destiné aux jeunes thérapeutes et au grand public : qu'est ce qui fait un bon psychologue ? Est-ce celui qui a toute les réponses ? Celui qui fait toujours tout juste ? Quelques éléments de réponses - non exhaustifs - proposés par Nathalie Gay.

Croire qu’un bon thérapeute, c’est quelqu’un qui sait

Dans l’imaginaire commun, le psychologue a réponse à tout. Il connaît le problème, sa cause, ses implications et surtout, sa solution. Au contraire, le psychologue n’est pas un professionnel de la réponse, mais de la question. Un bon thérapeute c’est quelqu’un qui ne sait pas toujours, mais qui se pose les bonnes questions. C’est quelqu’un qui sait qu’il ne sait pas tout, et qui est entraîné à supporter sereinement cette ignorance.

Croire que le métier de thérapeute s’apprend par une accumulation de techniques et d’outils

En tant que jeunes thérapeutes, c’est parfois rassurant de « s’outiller » avec des questionnaires, génogrammes, fiches d’exercice, blasons, etc. Ils sont faciles à apprendre et à appliquer. Cela peut se comprendre, c’est impressionnant voir même angoissant de rencontrer des consultants. Cependant, appliquer les outils ne suffit pas à être thérapeutique. Le métier de thérapeute ne s’apprend pas, on s’y forme.

chemin dans la neige

Croire que l’apprentissage et la formation, c’est pareil

Dans l’apprentissage, il s’agit de retenir par cœur et de restituer le plus fidèlement possible (recette de cuisine, livrets, dates historiques, etc.) Il s’agit de reproduire, pas besoin de comprendre. Tandis que la formation suppose une transformation intérieure. Il s’agit de comprendre le monde sous un nouveau jour. La formation passe donc par un moment d’étonnement, de bouleversement, souvent chargé émotionnellement : sans trop bien savoir quoi encore, on saisit quelque chose de l’instant (pensez à ce livre, film, échange qui vous a marqué soudainement, sans avoir besoin de le retenir par cœur). Quand on veut devenir thérapeute, il faut se faire à l’idée que l’on va devoir se transformer et avoir une certaine force pour accepter cette perturbation.

Croire que l’agressivité, c’est mauvais

En tant que jeunes thérapeutes, on peut être paniqués ou se sentir débordés devant l’agressivité manifeste des consultants (individuel ou en couple). Mais, il y a du bon là-dedans. L’agressivité n’est pas la violence. Dans la première, on vise l’authenticité et la vitalité dans la relation. Dans le seconde, on vise à détruire. Il faut un minimum d’agressivité dans la vie, elle nous permet de persévérer, de passer au de-dessus de la paresse qui peut parfois nous envahir. L’absence d’agressivité dans la vie peut au contraire conduire à un vécu dépressif, à un sentiment de lassitude et de lourdeur.

Croire qu’il n’y a pas le droit à l’erreur !

Quand on débute en tant que jeunes thérapeutes, on peut se mettre beaucoup de pression « à faire juste ». Cette pression est liée au fantasme du psychologue tout-savant cité précédemment, et aussi alimentée par le récit de la maîtrise du processus thérapeutique par les auteurs réputés dans leurs livres. Au contraire, les erreurs sont nécessaires et font partie d’une bonne formation, ce sont des opportunités de transformation justement. Plus tôt on en fait, mieux c’est !

Croire que la thérapie de couple, c’est comme les mathématiques 1+ 1 = 2

Les jeunes thérapeutes de couple peuvent avoir tendance à se focaliser sur le vécu respectif de l’un ou l’autre des partenaires en alternance. Ce faisant, ils négligent la relation de couple, objet de la consultation. En thérapie de couple, 1+ 1 = 3. Le but est de questionner le fonctionnement relationnel entre les partenaires, les mouvements émotionnels, les jeux interactifs, les rituels, l’imbrication des rôles, etc. Ce faisant, le thérapeute invite les partenaires à envisager leur problème sous l’angle de la co-construction. Chacun à sa part de responsabilité et de possibilité de changement.

Basé sur l’article : Delvigne, Frédéric. (2016). Repères méthodologiques pour thérapeutes de couple débutants. Médecine et Hygiène, numéro 1, vol 37, pp.27-50


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