Les biais cognitifs: la dissonance cognitive

Mis à jour : juin 26


Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver dans une situation où vous faisiez quelque chose qui entrait en contradiction avec vos valeurs ? A ce moment-là, vous pouviez ressentir une sensation de tension interne ou un malaise, et par la suite, chercher à réduire cette tension et retrouver un équilibre mental ? Il s’agit du phénomène qui se nomme la « dissonance cognitive ».

Qu’est-ce que la dissonance cognitive ?

En psychologie, c’est un concept qui a été mis au point en 1957 par Léon Festinger, et qui décrit « un état de tension ressenti par une personne en présence de cognitions (connaissances, opinions ou croyances) incompatibles entre elles. La dissonance cognitive amène la personne à mettre en œuvre des stratégies visant à restaurer un équilibre cognitif ».

C’est par exemple, à cause du phénomène de la dissonance cognitive qu’un fumeur (conscient des effets néfastes du tabac sur sa santé) aura tendance à justifier son addiction par des phrases ou des pensées telles que « fumer tue ? Oui, bon il faut bien mourir de quelque chose » ou « on mourra tous bien un jour ».

C’est aussi en proie au phénomène de dissonance cognitive que, lors du 21 décembre 2012, en voyant que la fin du monde n’était pas arrivée et que la planète était encore bel et bien là au matin du 22 décembre, des croyants de l’apocalypse n’ont pas remis en doute leurs croyances, mais ont affirmé haut et fort que c’était grâce à leurs prières que la monde ne s’est pas effondré et qu’il fallait donc qu’ils continuent à prêcher.

L’être humain est toujours à la recherche d’un certain équilibre. Il faut donc que ses pensées, soient en accord avec ses valeurs, ses croyances, ses émotions et ses comportements. Ainsi, lorsque nos cognitions et nos comportements entrent en relation de manière dissonante ou incompatible, il nous faut trouver un moyen d’éliminer l’inconfort psychologique engendré et trouver des solutions rétablissant l’équilibre mental, afin de réduire la dissonance.

L'équilibre naturel

Comment réduire la dissonance ?

Plusieurs manières de faire peuvent être mises en place. Selon Festinger, trois solutions permettent une diminution de la dissonance :

1. Changer le comportement ou la cognition conflictuelle

Si par exemple j’ai décidé de me remettre au sport pour maigrir et que je me retrouve à manger tous les gâteaux que ma grand-mère a préparé, la solution serait de décider d’arrêter de manger les gâteaux. Mon comportement serait donc à nouveau en accord avec ma décision.

2. Justifier le comportement ou la cognition en aménageant la cognition conflictuelle

Dans ce cas, je pourrais me dire « ça va, je suis autorisé à tricher de temps en temps, j’ai le droit de manger ce gâteau ».

3. Justifier le comportement ou la cognition en ajoutant de nouvelles informations

Ici, je pourrais m’imposer de faire 30 minutes de sport en plus pour compenser l’écart.

Ces trois solutions permettront de réduire la dissonance cognitive et de rétablir mon équilibre mental.

Quelques applications

Au niveau relationnel, lorsque vous vous trouverez en difficulté pour convaincre un ami ou une connaissance sur un sujet de discorde, pensez à ce phénomène et ses implications : il est difficile de transformer radicalement ou de remettre en doute un système de pensées et de comportements ancrés depuis longtemps. Ainsi si votre ami se braque ou ne veut pas entendre vos arguments, c’est possiblement que la dissonance est trop grande. Rien ne sert alors de se vexer ou de se braquer à son tour.

Au niveau individuel, la concordance entre les actes et les pensées permet à l’individu d’être dans un certain équilibre, de lui apporter confiance en lui, harmonie, motivation, etc., tout ça, favorisant le bien-être individuel et social. Souvent, la tension induite par la dissonance cognitive est telle que nous sommes facilement amenés à employer la deuxième solution suggérée plus haut (justifier le comportement ou la cognition en aménageant la cognition conflictuelle) pour retrouver un état d’équilibre et de bien-être. Ainsi, ce qui est important, c’est de pouvoir s’en rendre compte et être conscient de ce mécanisme quand nous l’utilisons et de ne pas en faire usage pour se mentir à soi-même.


Walk2Talk Sàrl

Consultations psychologiques en plein air à Lausanne, Genève, Vevey et Fribourg depuis 2016

  • Facebook Basic Square

Rejoignez-nous !